La logique fondamentale de l’allocation en or : la géopolitique est le principal moteur
La logique de fixation des prix de l’or est depuis longtemps dominée par deux facteurs majeurs : la géopolitique et l’économie. L’opération « Spider Web » qui vient de se dérouler entre la Russie et l’Ukraine, ainsi que le conflit indo-pakistanais qui l’a précédée, illustrent parfaitement le caractère de valeur refuge de l’or.
Nous ne cessons de le répéter : dans l’« ère des Royaumes combattants » actuelle, marquée par la fragmentation géopolitique mondiale, il ne faut jamais se retrouver sans position sur l’or. La plupart des gens ne saisissent pas pleinement cette idée, mais après avoir vécu plusieurs épisodes de forte volatilité de l’or provoqués par des événements géopolitiques imprévus, ils en acquièrent une compréhension quasi instinctive. N’essayez pas de choisir le moment idéal pour investir : vous ne pouvez pas prédire quels événements géopolitiques se produiront entre le matin et l’après-midi, et il est très difficile de juger avec une précision de 100 % de l’évolution économique. La bonne stratégie consiste à conserver une position de base, à renforcer progressivement votre position par tranches en cas de baisse et à la réduire progressivement en cas de hausse. Il ne s’agit ni de miser tout votre capital, ni de se retirer complètement du marché, afin d’éviter de se retrouver en position de faiblesse face à des événements imprévus.
La fréquence et l’intensité des conflits géopolitiques mondiaux actuels sont bien supérieures à celles de la période de mondialisation des trente dernières années. L’incertitude est la norme, et le maintien d’une position de base en or est un choix inévitable pour se couvrir contre les risques.
État actuel et évolution future du conflit russo-ukrainien
Le nœud du conflit : la question de l’appartenance des quatre provinces de l’est de l’Ukraine est un nœud inextricable
À l’heure actuelle, la Russie et l’Ukraine continuent de se lancer des attaques mutuelles, essentiellement pour renforcer leurs positions en vue de négociations ultérieures. Cependant, la probabilité de négociations de paix globales est extrêmement faible, la raison principale étant qu’il n’y a absolument aucune marge de compromis sur la question de l’appartenance des quatre provinces de l’est de l’Ukraine.
La Russie a payé un prix énorme pour s’emparer des quatre provinces de l’est de l’Ukraine : elle a subi plusieurs vagues de sanctions internationales, perdu d’importants équipements militaires et des effectifs, et payé un coût en termes d’opinion publique extrêmement élevé. Il lui est donc impossible de céder cet intérêt vital lors des négociations. De son côté, l’Ukraine bénéficie toujours du soutien continu de l’Europe et ne peut pas non plus renoncer facilement à ses revendications de souveraineté sur ces quatre provinces. Les revendications fondamentales des deux parties sont donc diamétralement opposées.
Deux scénarios possibles pour l’avenir : un cessez-le-feu temporaire est très probable, tandis qu’une escalade totale est très peu probable
Bien qu’une paix globale soit loin d’être en vue, la probabilité d’un cessez-le-feu temporaire entre les deux parties est très élevée. Après des années de guerre épuisante, les économies russe et ukrainienne ont du mal à supporter un conflit de longue durée et ont toutes deux besoin d’un répit pour se rétablir.
La probabilité d’une escalade totale du conflit est également très faible. Si la Russie avait la capacité d’intensifier massivement la guerre, elle aurait depuis longtemps lancé une offensive totale sur Odessa, au lieu de rester dans une impasse dans les quatre provinces de l’est de l’Ukraine. La priorité accordée par la Russie à la prise de ces quatre provinces repose sur des considérations stratégiques claires : l’objectif premier est de préserver la sécurité stratégique de la Crimée ; ensuite, la forte proportion de la population locale russophone garantit des coûts d’administration réduits et une grande stabilité sociale après l’occupation.
D’un point de vue stratégique à long terme, l’objectif ultime de la Russie est de contrôler l’ensemble du territoire ukrainien situé sur la côte de la mer Noire, avec pour but principal de limiter l’influence de la Turquie dans cette région. En cas de guerre, la Turquie pourrait à tout moment assouplir les restrictions de passage imposées aux pays occidentaux sur la mer Noire, permettant ainsi aux forces militaires occidentales d’y pénétrer. En contrôlant l’ensemble du littoral de la mer Noire, la Russie pourrait y déployer des forces militaires et éviter ainsi que la Turquie ne lui coupe la route stratégique. Toutefois, à en juger par les mouvements militaires actuels, la Russie ne dispose manifestement pas encore de la puissance nécessaire pour atteindre cet objectif à long terme.