Analyse des tendances à long terme des grandes catégories d’actifs
À long terme, trois catégories d’actifs clés semblent prometteuses : les actions A, l’or et les matières premières. Il s’agit ici clairement d’une tendance à long terme, et non d’un conseil d’investissement à court terme. Le principe fondamental de l’investissement consiste à distinguer clairement la logique à long terme de celle à court terme, car les stratégies d’investissement sont totalement différentes. Les actions américaines sont actuellement surévaluées ; elles n’auront de valeur d’investissement à long terme qu’après un repli important les ramenant dans une fourchette saine.
Logique fondamentale du marché des capitaux chinois
Le point de départ fondamental de notre optimisme vis-à-vis du marché chinois réside dans les changements structurels que connaît actuellement l’ordre mondial. Tous les avantages dont les États-Unis ont bénéficié par le passé reposaient sur le système de levier de la mondialisation qu’ils contrôlaient, couvrant de multiples dimensions telles que la monnaie, le commerce, la culture et le domaine militaire. Ce système a permis aux entreprises américaines d’enregistrer des marges bénéficiaires extrêmement élevées. Mais aujourd’hui, les États-Unis mettent activement en œuvre le « plan Pennsylvanie », favorisant la démondialisation et se repliant à la fois sur le plan géopolitique et économique. Ils détruisent de leurs propres mains l’ancien système dont ils dépendaient autrefois, tentant de reconstruire leur système d’exploitation par le biais d’une réorganisation de l’ordre mondial.
Ce comportement de destruction volontaire offre au contraire à la Chine une opportunité historique rare. Par le passé, lorsque le système américain était à son apogée, la Chine devait payer un prix extrêmement élevé pour briser cet ordre ; aujourd’hui, les États-Unis s’emploient eux-mêmes à le démanteler, ce qui équivaut à ouvrir une fenêtre d’opportunité.
Les atouts fondamentaux et le potentiel de la Chine
La Chine maîtrise désormais les deux piliers fondamentaux que sont la chaîne d’approvisionnement et le domaine militaire. À travers l’histoire de l’humanité, un pays doté à la fois d’une puissante capacité de production industrielle et d’une puissance militaire ne peut rester longtemps sous la coupe d’autrui dans les domaines monétaire, culturel, politique et géopolitique. Historiquement, toutes les grandes puissances industrielles ont bénéficié de services financiers à la hauteur de leur puissance. Le décalage actuel entre la puissance nationale de la Chine et sa position sur les marchés financiers constitue en soi un immense potentiel de développement.
Il en va notamment ainsi des répercussions de la réunification de Taïwan : une fois celle-ci accomplie, le blocus américain de la chaîne d’îles de l’Asie-Pacifique sera brisé, sa force de dissuasion militaire au Japon, en Corée du Sud et en Asie du Sud-Est s’en trouvera considérablement affaiblie, et le processus d’intégration économique entre la Chine, le Japon, la Corée du Sud et l’Asie du Sud-Est s’accélérera considérablement. Cela donnera naissance à la plus grande union économique régionale de l’histoire de l’humanité en termes de population, libérant un potentiel économique inestimable.
Il convient de préciser que l’intégration économique régionale de la Chine ne suivra pas la voie empruntée par l’Europe, qui a unifié sa monnaie sans unifier ses finances. Elle s’orientera plutôt vers la libre circulation des biens et des personnes, tout en résolvant, via Hong Kong, les contraintes du « triangle impossible ». Lorsque la Chine détiendra à la fois le pouvoir de décision sur la chaîne d’approvisionnement et celui sur la monnaie, elle détiendra de fait le double pouvoir de fixation des prix des marchandises et de la monnaie, ce qui renforcera considérablement l’autonomie de son cycle économique.
Le dilemme structurel des États-Unis
Les intérêts nationaux des États-Unis reposent sur l’instabilité mondiale ; les deux guerres mondiales et la guerre froide leur ont permis de tirer d’énormes profits. Mais après l’effondrement de l’Union soviétique, le monde est resté globalement en paix, à l’exception du Moyen-Orient. En cette période de paix, les États-Unis ont pourtant connu trois crises économiques majeures successives : la bulle Internet, la crise des subprimes et le krach boursier, tandis que d’autres pays se développaient rapidement dans un environnement stable.
Plus le volume économique résultant de l’intégration régionale est important, plus la capacité à résister à l’intimidation commerciale des États-Unis est forte. L’Union européenne en est un exemple typique : lorsqu’une économie régionale forme une communauté d’intérêts, elle dispose d’une plus grande marge de manœuvre pour faire face aux pressions extérieures. C’est là la raison fondamentale pour laquelle les États-Unis s’efforcent de tout faire pour empêcher l’intégration économique régionale.