Les différences fondamentales entre les contradictions principales
Nous sommes aujourd’hui le 30 juillet 2025. Cet épisode, qui ne figurait pas initialement dans le calendrier de publication, a été spécialement consacré à l’analyse des sujets d’actualité, car j’ai récemment reçu un trop grand nombre de questions similaires. Cette édition se concentre principalement sur trois axes : l’économie chinoise, les matières premières et l’économie américaine. En raison des contraintes de longueur, la partie consacrée à l’économie américaine sera peut-être reportée au prochain épisode.
Ces trois sujets sont très vastes et il est impossible de tout couvrir ; je me limiterai donc à développer les logiques les plus essentielles. Commençons par la conclusion la plus importante : les problèmes auxquels sont confrontées les économies chinoise et américaine sont, par nature, totalement différents. La principale préoccupation de l’économie chinoise est la « faible croissance » — une stagnation prolongée à un niveau bas, incapable de franchir le seuil de croissance ; celle de l’économie américaine est le « décrochage » — un revirement soudain vers le bas alors qu’elle connaît actuellement une forte croissance.
En décomposant ces données à l’aide de la formule la plus élémentaire du PIB (C+I+G+NX, soit consommation + investissement + dépenses publiques + exportations nettes), la situation apparaît plus clairement.
Les principales pressions pesant sur l’économie chinoise
Les principaux points de risque actuels pour la Chine résident dans les postes I (investissement) et NX (exportations nettes).
Les répercussions persistantes de la guerre des droits de douane se sont directement répercutées sur les importations et les exportations, et la contraction des commandes à l’exportation a un impact direct sur les décisions de production des entreprises privées. La plupart des entreprises orientées vers l’exportation ne se lanceront pas tête baissée dans une expansion de la production tant que l’incertitude concernant les commandes ne sera pas levée, ce qui freinera encore davantage la croissance des investissements. C’est là la raison principale pour laquelle le taux de croissance des investissements dans le secteur manufacturier n’a cessé de reculer au cours des six derniers mois.
L’orientation politique à adopter est claire : il faut stimuler les dépenses publiques (G) et la consommation (C) pour combler ce déficit. Du côté des dépenses publiques, l’exemple le plus emblématique est le projet de construction d’une centrale hydroélectrique sur le cours inférieur du Yarlung Tsangpo, récemment annoncé. Ce type de projet d’infrastructure de très grande envergure peut directement stimuler la croissance du PIB, tout en dynamisant les investissements dans les industries en amont et en aval. Du côté de la consommation, on s’appuie principalement sur diverses subventions à la consommation, des mesures d’incitation à la natalité, ainsi que des mesures de soutien ciblées pour certains secteurs.
Les principaux risques pour l’économie américaine
Les principaux risques pour les États-Unis sont exactement à l’opposé, et concernent précisément les dépenses de consommation (C) et les dépenses publiques (G).
La croissance économique actuelle des États-Unis repose fortement sur l’endettement. Le volume de monnaie imprimée sous les mandats de Biden et de Trump équivaut déjà à la somme de celle imprimée par tous les présidents précédents. Dès que les dépenses publiques (G) commenceront à se contracter, cela se répercutera directement sur la consommation des ménages (C). Une proportion importante de la population américaine dépend des aides sociales fournies par le gouvernement, telles que les bons alimentaires, pour subvenir à ses besoins. Une réduction des dépenses publiques affectera directement le pouvoir d’achat de cette partie de la population. Combinée à une inflation qui reste élevée, la contraction de la consommation sera très marquée. La politique de « petit gouvernement, grandes entreprises » mise en œuvre par Trump vise essentiellement à réduire activement les dépenses publiques, un processus qui aura inévitablement un impact sur la croissance du PIB.
La stratégie américaine pour y faire face est également claire : augmenter I (l’investissement) et NX (les exportations nettes) pour compenser le déficit. Récemment, Trump a contraint ses alliés, notamment le Japon, la Corée du Sud, l’Arabie saoudite et l’Europe, à accroître leurs investissements aux États-Unis. Le montant total des investissements promis atteint déjà 3 000 milliards de dollars, ce qui équivaut à la somme des trois programmes d’assouplissement quantitatif (QE) mis en place avant la pandémie de COVID-19, ainsi qu’à l’ampleur totale des mesures d’assouplissement monétaire prises pendant la pandémie. Il s’agit essentiellement de combler le déficit laissé par la réduction des dépenses publiques en attirant des investissements étrangers, tout en augmentant le niveau des exportations nettes grâce à des mesures de protectionnisme commercial.
(Remarque : une partie du contenu concernant les matières premières a été tronquée dans le manuscrit ASR ; une analyse complémentaire sera fournie dans le prochain numéro.)